ISG - au siècle passé...
Seul le bâtisseur généreux connaît la valeur de son ouvrage: la moindre fissure est une plaie profonde.
Les pionniers de l'Institut St-Germain n'ont pas oublié les premiers pas difficiles, lorsqu'ils durent établir les bases de cette école libre, à une époque où les circonstances ne s'y prêtaient guère : le 1er décembre 1941.
Aujourd'hui, leurs "héritiers", beaucoup plus nombreux, n'ont conservé qu'une idée trop imprécise de cette entreprise de longue haleine, à l'issue de laquelle on a pu leur garantir des jours meilleurs.
Aussi serait-il normal d'éveiller leur mémoire aux lentes semailles de l'Institut St-Germain, de redonner, un bref instant, à tous ses pionniers, la place qu'ils méritent profondément.
Que ce juste retour aux sources nous fasse mieux apprécier le précieux héritage dont nous avons maintenant la lourde responsabilité et qu'il nous préserve de la prodigalité aveugle et facile.
En mai 2004, l'Institut St-Germain fêta ses 50 années d'existence. Cependant, son ancienneté est plus importante. Ses assises furent établies bien avant son inauguration de 1954.
Cette longue naissance, nous allons la revivre aussi fidèlement que possible.

Elèves et professeurs creusent les fondations de l'institut en 1953.
Les origines de l'école.
L'idée de créer un enseignement professionnel technique émana à la fois des Frères Maristes et d'un comité paroissial. Mais il convient de faire certaines distinctions par respect pour tous ceux qui se dévouèrent à la cause.
Vers 1916, MM. le Doyen Demanet et Jean Mauer, enseignant à l'Ecole Moyenne de 1907 à 1947, mirent sur pied l'Ecole Industrielle du soir: les cours, théoriques, débutèrent à l'hôtel Bourlon, rue de la gare, et â l'Usine St-Joseph. Celle-ci avait été fondée par le doyen Lambert. le 25 septembre 1888. Par la création de cette première usine, il redonnait espoir aux ouvriers couvinois qui, alors, devaient se rendre à Revin ou Fumay, etc. .., à pied, afin d'y gagner leur croûte. Ils ne revenaient dans leur famille que deux fois par mois et nombreux étaient ceux qui buvaient leur salaire sur le chemin du retour. Le doyen Lambert ne put supporter cette misère et mit tout en œuvre pour fonder une usine à Couvin. Entre 1892 et 1921, il fut imité par d'autres: La Couvinoise en 1892. St Roch en 1908, Donnay en 1911, Fonderies du Lion en 1921.
Sans doute faut-il voir un rapport étroit entre ce développement industriel et la construction d'un nouvel atelier pour l'Ecole Industrielle. rue des Archers, au Bout-d'en-Haut. en 1926. où, cette fois, on assurait une formation pratique.

Ancien atelier de l'Ecole Industrielle, rue des Archers,
où l'école fit ses débuts en décembre 1941.
Dans le même temps, les Frères Maristes avaient repris une école existante à laquelle ils apportèrent d'importantes transformations avec l'appui de l'Usine St-Joseph. C'est sur la demande pressante du doyen Lambert qu'ils arrivèrent à Couvin en 1903, pour ouvrir leur nouvelle école: Ecole des Frères ou Institut St-Joseph, dès 1906.

L'Institut avant 1914 (bâtiments d'origine détruits par l'incendie de 1929).
Alors, que leur enseignement connaissait un essor important et rapide, qu'ils finissaient à peine l'aménagement de leurs locaux, un violent incendie brisa leur effort, en mai 1929. De nombreux volontaires et des ouvriers de l'Usine St-Joseph, venus à la rescousse, empêchèrent la propagation du sinistre, mais pour sa part, l'Institut avait été ravagé. Ces bénévoles formaient une chaîne humaine ininterrompue, de l'Eau Noire à l'école, afin d'y remonter les seaux. Des témoins rapportèrent le chiffre de deux mille personnes mobilisées.
Aidés de tous côtés, les Frères purent réintégrer l'Institut remis à neuf dès la rentrée de Pâques 1930. Qui plus est, ils marquèrent le cortège du Centenaire, 20 juillet 1930, de leur empreinte.
La croissance industrielle, l'ascension technique, l'accroissement des débouchés professionnels forcèrent les Frères et les responsables de l'Ecole Industrielle à revoir leur optique éducative, à recycler leur enseignement: l'ouverture d'une section professionnelle était imminente.
Certes, il serait bien injuste d'oublier l'acharnement dont fit preuve Jean Mauer afin de les exhorter vivement à créer un enseignement de ce type à Couvin, encore inexistant jusqu'alors, excepté les cours du soir.
Le grand paradoxe de toute cette évolution de l'enseignement technique et professionnel fut qu'il prit forme pendant la guerre, en décembre 1941, sous l'occupation allemande. Fait plus étonnant encore, toutes les usines avaient cessé leurs activités, hormis St-Joseph. En réalité, précisément à cause de la guerre, de nombreux jeunes gens restaient des journées entières, inoccupés, et leur prise en charge paraissait s'imposer , notamment sur le plan scolaire.

Pour le cortège du centenaire, les Frères choisirent de représenter le thème du transport et du fer.
L'Ecole Professionnelle Technique de Couvin.
Le 3 octobre 1941, le Frère François, qui avait amorcé de nombreuses démarches en vue d'ouvrir la nouvelle section professionnelle à l'Institut St-Joseph, fut appelé d'urgence au presbytère. MM. le Doyen Desseille, Mauer, les Abbés Piron et Meunier l'y attendaient et, ensemble, ils décidèrent d'ouvrir l'école le 6 octobre.
Le 1er décembre, ce fut la rentrée des premiers élèves. Cette date peut nous sembler étrange, mais quelques précisions peuvent l'expliquer. Comme l'écrivit M. Le Doyen Desseille dans le "Liber Mémorialis", 1-940-41 furent deux années quelque peu perturbées :
Le dimanche (12 mai 1940), la première bombe allemande tombe dans le jardin du directeur de la Couvinoise, des émigrés arrivent en foule. ..Le mardi à la messe de 7 h. 30. ..un avion allemand descendant très bas vient bombarder l'Ecole Normale. La bombe détruit toute l'habitation du directeur... En ville, c'est la panique. La plupart des Couvinois s'en vont... Le mardi 28 mai, l'ennemi évacue tous les habitants de la région de Couvin et de Chimay: avec Couvin les villages des doyennés qui ont dû évacuer tous. Personne ne pouvait rester... Hitler était venu s'établir à Brûly-de-Pesche avec ses généraux Goering, Hess, etc...
C'est le samedi 29 juin que nous avons pu rentrer à Couvin. En 1941, le mardi de Pâques, à 5 heures du matin, des soldats allemands arrêtent le Doyen au presbytère, le prenant en camion, avec M. Desorme bourgmestre,... comme otages parce que l'on a coupé un fil téléphonique sur le territoire de Nismes. L'ennemi a occupé pendant toute la guerre les salles de la Ruche...

Trois premières années de l'Ecole Professionnelle technique et corps professoral. Année scolaire 1943-44.
De gauche à droite, de haut en bas :
Hosselet, Trigaux, Hurion, Destrée, Masson, Renard, Wilmart, Masay, Magonet, Briquet.
Collet, Lenoir, Paquet, Gilles, Renier, Bruyer, Brogneaux, Bastin,Ansiaux, Renard, Périquet.
Laffineur, Boursoy, Chevigné, Quiquempois, Delpire, Grégoire, Martiat, ? , Renard, Bois, Jonveau.
Nicolas, Carlier, MM. Delobbe, Jacquemart, Abbé Meunier, Fr. Camille, Brichaux, Mahy, Stavaux.
Les années suivantes furent moins agitées. L'école ne connut l'occupation que deux ou trois jours. Quant aux élèves, ils surveillaient de temps à autre les allées et venues des Allemands aux alentours de l'Institut, lorsque l'Abbé Meunier lisait "La Libre Belgique"..., journal interdit !
La nouvelle école poursuivit, donc, sur les bases existantes : les cours généraux furent assurés à l'Institut; quant aux cours pratiques, on les suivait, rue des Archers, dans l'atelier de l'Ecole Industrielle ; cela, jusqu'en 1942.
Une vingtaine d'élèves avaient entamé la première année, mais en 1943, le nombre s'élevait à 49, pour les trois années ouvertes. Depuis septembre 1943,1' Abbé Meunier avait succédé au Frère François, au poste de directeur. L'école, de son côté, avait été agréée dès janvier 1942.

1950. Atelier, route de Petigny.
De gauche à droite : Moreaux, Bastien, Massin, Briquet, Salmon, Chantrenne, Tilquin, Perot, Lotte, Diez.
Les locaux scolaires se révélèrent rapidement trop exigus et il fallut rechercher un atelier plus vaste. Il fut aménagé dans une ancienne fonderie, "au Piège", route de Petigny, dès septembre 1942.
L'Institut St-Joseph, lui-même, ne fut plus en mesure d'englober tout le monde. D'une manière ou d'une autre, l'Ecole Professionnelle Technique était amenée à trouver ses propres structures. D'autant plus que depuis la succession de l'Abbé Meunier, la paroisse, par son comité organisateur , avait repris l'école en charge, en lieu et place des Frères.
Heureusement, depuis le 25 janvier 1929, la paroisse avait racheté un ancien immeuble sur la Place Verte, la Brasserie Michel Gouttier. Elle envisageait d'y aménager une Maison d'OEuvres : la Ruche. En septembre 1948, les élèves y descendirent et l'on y assura tous les cours théoriques.
Une nouvelle A.S.B.L., "Ecoles Techniques de Couvin", s'était, donc, créée et prit en main les destinées de la nouvelle école et de l'Ecole Industrielle. MM. le Doyen Desseille, Charles Claes, Joseph Lambotte, directeur des Usines St Roch, Paul Piron, doyen de Philippeville et l'Abbé Jules-Ernest Meunier la composaient. Pendant de nombreuses années, ils surent garantir l'essor de l'école et défendre l'enseignement qu'elle diffusait.
Le 17 avril 1947 , ils prirent la décision d'acheter un verger bien situé, rue Adolphe Gouttier, au centre de la ville, ayant une contenance de 36 ares, en vue d'y construire les futurs bâtiments de l'Ecole Professionnelle Technique de Couvin. La première pierre de l'Institut St-Germain était scellée, et en octobre 1950, ils en prirent la résolution définitive.
Ces faits assez administratifs masquent les sérieuses difficultés rencontrées par l'école lors de ses premières années.
A peine sortie du conflit mondial, elle voyait son avenir fort contrarié par une décision du Ministère de l'Instruction Publique annulant toute agrégation scolaire accordée pendant la guerre. Tout était à refaire. Cela voulait également dire que l'école allait devoir survivre sans subsides jusqu'à sa reconnaissance officielle. Or, l'on traversait une période difficile: pauvreté générale d'une part, pauvreté scolaire d'autre part. Il fallut pourtant équiper l'école d'un matériel de travail indispensable.
A force de ténacité, de persévérance et de démarches répétées, l'Abbé Renard, qui secondait l'Abbé Meunier depuis 1948, parvint à obtenir cette agrégation la même année.
Plusieurs exemples éloquents méritent d'être rappelés afin d'illustrer le dévouement des premiers responsables, de leurs élèves, ainsi que les conditions de travail fort austères.
On ne débuta qu'avec deux tours usagers, laissés par l'Usine St Roch, un étau-limeur, une meule et une foreuse sur pied. Le premier moteur utilisé comme modèle fut démonté sur une vieille Ford trouvée à Dailly par Léon Delobbe et quelques élèves; Ceux-ci se souviennent encore des essais, très agréables, qu'ils purent faire avant de la mettre en pièces...
L'école fonctionna longtemps avec un matériel de récupération, adroitement rassemblé et restauré. Quant au fer destiné à la fabrication de certaines pièces, il arrivait au compte-gouttes !
Il fallut attendre l'année scolaire 1947-48 pour que les élèves pussent apprécier deux nouveaux tours; ce jour-là, ce fut la joie !

Familiarisation avec les deux nouveaux tours en 1948.
De gauche à droite : Collart, Legrand, Jennequin, Brichaux (professeur), Canvat, Cuvelier, Dehoux, Bois.
On avait trouvé tant bien que mal un autre atelier plus vaste, mais ce n'était pas le paradis: les trajets étaient longs, le local peu accueillant (ancienne fonderie) ; à peine arrivés, les élèves et leur professeur s'empressaient d'allumer le feu afin de supporter une température hivernale fort réduite, d'autant plus que certains jours, ils devaient parfois débarrasser leurs établis de la neige qui les recouvrait et qui avait pu défier une toiture à l'étanchéité douteuse...
Bien que l'école ne pût leur offrir le Pérou, les Anciens ont conservé de très bons souvenirs. Ils travaillaient en collaboration étroite avec leurs professeurs, tout en connaissant la discipline et le respect du matériel. L'Abbé Renard se félicite encore de l'attention des jeunes élèves à l'égard des locaux et de l'outillage. Ils faisaient ainsi la preuve qu'il n'est point besoin de grands moyens pour apprendre suffisamment. L'esprit compte plus que les moyens mis en œuvre. Ils étaient beaucoup plus attachés à l'école qui leur offrait peu, que les élèves actuels qui jouissent de conditions de travail incomparables.
Ils passaient leurs journées à l'école, de 8 heures à 17 heures, y compris le samedi et il était loin le temps où l'on vous déposait sans mal au pied de votre classe !
Précisons enfin que la sélection au terme des trois années scolaires était sévère: l'on débutait à vingt, mais une petite dizaine voyait le bout du tunnel en troisième.
La nouvelle Ecole Professionnelle Technique, rue Adolphe Gouttier.
En septembre 1953, les travaux de construction débutèrent. Roger Bastin, originaire de Couvin, fut l'architecte, M. Marchal l'entrepreneur et M. Binon le surveillant des travaux. Mais élèves, responsables et professeurs collaborèrent étroitement à l'ouvrage.
Fin mai 1954, les élèves occupèrent leurs nouveaux locaux, enfin soudés. Malheureusement, l'Abbé Meunier, un des artisans de l'Institut, mourut en novembre 1953 et n'eut pas la chance de voir l'ouvrage achevé, alors qu'il avait eu une part prépondérante dans sa conception.
Une anecdote pittoresque marqua cette construction. Alors, les convois "exceptionnels" n'étaient pas une habitude; or, la charpente du nouvel atelier machines-outils devait arriver, préfabriquée! Ce transport fut si encombrant que, venant de Thirimont et pénétrant à Beaumont par l'étroit boyau connu de beaucoup, il se coinça dans le virage! Au grand désappointement de l'Abbé Renard.
Le 16 juin, Mgr Charue, en visite à Couvin à l'occasion de la confirmation, bénit le nouvel établissement dès 9 heures en toute intimité. L'élève J. Willame eut le grand honneur du discours de bienvenue.

Monseigneur Charue bénit et inaugure l'école en 1954.
Le 4 juillet, on fêta cette inauguration. L'Amicale des Anciens, constituée pour la circonstance, se chargea de l'organisation. Le Doyen Desseille entama la fête par des remerciements et, alors qu'il fut surpris par une belle " drache ", il conclut: "Le bon Dieu bénit notre entreprise, car, quand on repique une plante, il faut l'arroser !" Après avoir hissé les couleurs, on donna la parole à J. Vaisière, vice-président de l'Amicale, qui remercia tous ceux qui avaient contribué à la construction de la nouvelle école.
Chacun put ensuite visiter les locaux, l'exposition des travaux scolaires, fort admirée, et s'offrir toutes les attractions du jour. Cela finit tard dans la nuit...
Au terme de cette année 1954, mémorable, une remarque anodine peut vous venir à l'esprit : d'où vint, donc, l'appellation "Institut St-Germain" ?
L'école technique la reçut après sa construction, pour une raison très simple: face à la multitude des écoles techniques, le Ministère exigea une dénomination précise permettant de les distinguer administrativement. On lui donna, dès lors, le titre d'Institut St-Germain, puisqu'il était le fruit de la paroisse St-Germain et de son conseil d'administration.
La nouvelle construction ne résolvait pas tous les problèmes: l'infrastructure ne comportait pas encore d'internat. C'est pourquoi, lorsque le cas se présenta, l'Abbé Renard prit sur lui d'héberger les internes dans sa propre demeure, à Dailly .Jacques Michaux se souvient encore qu'il les surveillait bénévolement; d'autres gardent en mémoire les inlassables trajets d'une vieille "coccinelle" bleue, plus que chargée, qui gagnait Dailly plusieurs fois par jour: c'était l'Abbé Renard et ses internes.
Par la suite, ceux-ci logèrent chez l'Abbé Theissen, au pied de l'église de Couvin, puis dans la maison voisine du commerce Foulon Frères, aménagée ensuite en atelier-bois, puis aujourd'hui en atelier d'ajustage, et enfin dans une classe du nouveau bloc construit en 1965 (le laboratoire de sciences actuel) jusqu'en 1970, année de l'ouverture du Collège Champagnat.

1960. 1er rang, de gauche à droite: H. Magonet, Février, Dardenne, Dedoncker, Saulmont, Mathy, Dumont, C. Benoit.
2ème rang. A. Thomas, L. Delobbe, Ab. Renard, J. Michaux, Dromelet.
3ème rang: Calice, Demotte, Gautier, Marteleur, Deruelle.
En 1959, un nouveau réfectoire dut être construit; l'ancien, vestiaire actuel, dut faire place à l'outillage. A ce propos, la dynamite fit sauter les souches des grands arbres qui occupaient cet emplacement...
La reprise par les Frères Maristes.
En 1964, les Frères Maristes reprirent l'Institut en charge, le Frère Paul Klein en assumant la direction et succédant à l'Abbé Renard, devenu curé de Senzeille. Il avait tenu les destinées de l'école pendant 16 ans. Nombreux furent ceux qui apprécièrent son dévouement illimité, surtout lorsqu'il fallut la mettre sur orbite après la guerre et obtenir son agrégation. En outre, il participa, outil en main, aux fondations de l'Institut en 1953. C'est lui, si l'on peut dire, qui mit l'école sur pied, et qui obtint encore les subsides nécessaires pour l'ouverture d'une section A2, en 1964.
Cette reprise se caractérisa par une modernisation importante: nouvelles machines, agrandissement de locaux (nouvelles classes en 1965, nouvel atelier d'ajustage en 1967, et entre-temps, de nouveaux bureaux), ouverture d'un cycle technique supérieur.

Les adieux de M. Léon Delobbe. De gauche à droite : J. Paquet, M. Robin, Frère Charles, Madame et Monsieur Delobbe, Frère Paul.
Le départ des vieilles machines ne mit pas de baume dans le cœur des anciens: ils avaient pu démarrer grâce à elles; mais, déjà, on ne leur manifestait plus aucune pitié.
Dès 1966-67, l'école présentait approximativement sa physionomie actuelle: toutes les sections étaient créées, les bâtiments achevés, excepté le dernier bloc ouvert en janvier 1984 et les nouvelles options scolaires proposées depuis 1980, depuis l'introduction du système rénové.

Les adieux de M. Thomas à qui une bicyclette fut offerte en guise de remerciements.
Enfin, ces dernières années, on enregistra trois épisodes marquants. Tout d'abord, M. Léon Delobbe prit une retraite bien méritée, forcé d'abandonner une activité et une école pour lesquelles il sut se donner, quelles qu'en fussent les circonstances. Respecté de tous, il fut incontestablement l'un des piliers de l'Institut. Ses collègues n'ont pas manqué de le fêter comme il le méritait en juin 1980 ; au même titre que M. Armand Thomas qui cessa en octobre 1983. Ce dernier avait à cœur de défendre les valeurs éducatives, d'aider tous ses jeunes collègues dont l'avenir restait précaire. Les bases de l'Institut reposaient également sur cette forte personnalité, depuis 1952.
Enfin, en juin 1983, le Frère Paul Klein confia à M. Jean-Pierre Guérit, ancien directeur de l'Institut St-Joseph et de la Communauté Educative Jean XXIII, les rênes de l'école après les avoir tenues près de vingt ans, avec l'acharnement et l'obstination qu'on lui connaît, lorsqu'il s'agissait de défendre l'enseignement Libre et l'Institut St-Germain.
Conclusion.
Comme nous pouvons le constater, tous les pionniers de l'Institut St-Germain ont cédé le relais, à l'exception de M. Jacques Michaux, devenu le plus ancien professeur, présent depuis 1954 et toujours en fonction.
Reconnaissons humblement que l'Institut est un peu leur ouvrage et que nous en sommes les grands bénéficiaires.

Ordre du jour: assemblée générale !
De gauche à droite: A. Hainaut, Moniotte P., Magonet P., Parage M., Matanda R., Robin M., Baudart L., Ranwez M.-B., M.-P. Parage, Laurent G., Moreau E., Benoit C., Paquet J., Filieux C., Magonet H., Wullepit P., Michaux J., Dohy A., Guérit J.-P., Fr. Albert, Bourguignon V., Matanda V., Servais J.-M., Parage R., Laurent D.
Accroupis: Chevigné R., Declerfayt M., Spitaels W., tong1et P:, befrère P.

Equipe de St-Germain / St-Joseph en 1965.
De gauche à droite : Lange, Paquet, Noizet, Coulonval, Michaux, Magonet, Tilquin, Whatelet, Squevin, Guérit, Funck.

Elèves de St-Germain, secondés par Ernest Févry lors d'une fête de gymnastique.

Equipe St-Germain / Sacré-Coeur.
De gauche à droite.
Debout
: Stavaux, Filée, Petitjeau J., Roscher Marc, Martinet, Petitjean C., Dutry, Bodart.
Accroupis : Servais, Tilquin, Libert, Coulonval, Huart, Bauwens.
Le nouveau visage de l'Institut St-Germain.
Les temps ont bien changé. Un matériel sophistiqué a envahi les locaux, adaptés aux nouvelles spécialisations. Les sections et les options se sont multipliées: un choix complexe est offert aux jeunes.
Présenter toutes ces nouvelles orientations serait une tâche quasi insurmontable. C'est pourquoi, il est plus aisé de voir ces étudiants à l'œuvre et de se donner, en images, une idée sommaire du large éventail de possibilités propre à l'enseignement technique et professionnel.
L'électricité domestique, industrielle et mécanique, la mécanique industrielle et moteurs (garage), la menuiserie, la construction métallique soudée, l'électronique, l'informatique, autant d'options présentes aujourd'hui à l'Institut.
Chaque option couvre un cycle de 6 ans, à quelque niveau que ce soit: professionnel, qualification, transition. Les sections "professionnelles" et "qualification" envisagent surtout la formation pratique, à court terme, tandis que la section transition accentue l'acquis théorique et prépare à l'enseignement supérieur (ingénieurs, dessinateurs,...). Le niveau professionnel se distingue, lui-même, du niveau qualification par le fait qu'il donne priorité aux cours pratiques et à l'apprentissage d'une profession, alors qu'en section qualification, on équilibre théorie et pratique.
Plus que jamais, l'enseignement technique doit suivre l'évolution humaine et s'adapter aux nouvelles spécialisations: St-Germain n'y échappe pas. Les 320 élèves présents ont obligé les responsables à revoir l'infrastructure générale de l'école afin de répondre à ces nécessités: un atelier d'ajustage, de soudage, de machines-outils, de menuiserie, de montage électrique ; un laboratoire de sciences, une classe de dessin, d'informatique; un local vidéo; une nouvelle salle de gymnastique.
Que ce bref coup d'œil sur la croissance de l'enseignement technique et professionnel lui donne la place qu'il mérite; qu'il chasse le préjugé d'une voie ultime que l'on emprunte en fin de compte après avoir trébuché sur toutes les autres.
Quel que soit le travail ou le titre, il faut préserver l'avenir auquel chacun à droit. Tirons un coup de chapeau à tous ceux qui comprirent que certains jeunes avaient des dispositions plus pratiques que théoriques et qui surent leur assurer un rôle social égal à tout autre.

Ateliers "machines-outils" - 3ème professionnele.

G. Lemaire et M. Tonglet réasustent une pièce. J.L. Dubois prépare attentivement ses tenons et mortaises.

P. Guillaume et J.-F. Bouché assemblent; Mr. Tonglet veille au grain.

MM. Magonet et De Luca évaluent le travail.

Soudage d'une charpente. D. Gérain à l'ouvrage.

H. Magain. P. Noiret

Cours d'informatique (1983) : V. Jennequin, Messagier R. et Dispa B.

Vous les aurez certainement reconnus:
- au centre en bas, Monsieur Terwagne (Il ne s'appelait pas "Grandalf le Gris" à l'époque ;-)
- en bas à droite, notre Directeur, Monsieur Magniette.